Non je ne vais pas te parler de Bourvil… mais d’une dame.
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La dame, Laure Charpentier, te le cite de mémoire elle a fait la clairière
de mon jeudi… « A rosi cousine Rosa » (ça c’est une autre histoire).
Écoute… Ça ...
samedi 14 mai 2011
jeudi 16 décembre 2010
Mains noires , mains blanches
Les voeux 2011 du Vice-retorat de Mayotte, le concept : image et texte, écrit en plusieurs langues et auquel vous aurez droit aussi (mais si mais si) est pûtôt une bonne idée...Traces de mains, activité picturale classique des premières classes de maternelle (premier geste scriptural : accepter de laisser une trace de soi...) Merci à Cathy Gaucher de son implication dans les classes maternelles.
Pour le symbole, cela me renvoie à ce très beau poème de Nicolàs Guillén (la Muralla), interprété par les voix puissantes et généreuses de Quilapayun...(vous l'aurez aussi, c'est promis)
Quilapayun ici : La Muralla
vendredi 10 décembre 2010
dimanche 5 décembre 2010
un filet d'eau, un filet d'air
La vie est parfois aussi simple qu"une publicité pour Knaki Herta : deux ou trois amis, six heures dans la brousse, sentir la fatigue de la marche, éprouver la brulure du soleil ou la fraîcheur de l'ombrage, déjeuner à l'ombre d'un manguier, croiser des frères humains dans leurs activités quotidiennes, partager le bonjour, jéjé-djema et les sourires, continuer sa route, écouter le stridulement des cigales, le cri de l'épervier ou du courol...Le silence aussi quand l'effort pince un peu et vous replie en vous-même pour y puiser des forces que vous ne saviez même pas posséder...
A chaque coup de talon, le sol vous renvoie son énergie, la risée inattendue vous soulève "mieux que le ciel soulève un oiseau vent debout" aurait dit Eluard..."C'est aujourd'hui que le présent est éternel"
Merci à Emmanuel, Françoise et Jacques.
Plus d'images en cliquant sur le titre...
A chaque coup de talon, le sol vous renvoie son énergie, la risée inattendue vous soulève "mieux que le ciel soulève un oiseau vent debout" aurait dit Eluard..."C'est aujourd'hui que le présent est éternel"
Merci à Emmanuel, Françoise et Jacques.
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dimanche 28 novembre 2010
Dans l'arbre
En hommage au texte du Luc
Ici : Le blog à Luc ; la boîte d'allumettes
et à tous les paradis perdus...
En souvenir aussi de Lili des Bellons, de ses collines sèches
des enfants aventuriers de toutes les garrigues...
A Colette bien sûr que je vous livre ici sans avoir réussi à tronquer ce texte magnifique : Bonne lecture !
« Les enfants ! Où sont les enfants ? » Où ? Nulle part. L'appel traversait le jardin, heurtait le grand mur de la remise à foin, et revenait, en écho très faible et comme épuisé : « Hou... enfants... » Nulle part. Ma mère renversait la tête vers les nuées, comme si elle eût attendu qu'un vol d'enfants ailés s'abattît. Au bout d'un moment, elle jetait le même cri, puis se lassait d'interroger le ciel, cassait de l'ongle le grelot sec d'un pavot, grattait un rosier emperlé de pucerons verts, cachait dans sa poche les premières noix, hochait le front en songeant aux enfants disparus, et rentrait. Cependant au-dessus d'elle, parmi le feuillage du noyer, brillait le visage triangulaire et penché d'un enfant allongé, comme un matou, sur une grosse branche, et qui se taisait. Une mère moins myope eût deviné, dans les révérences précipitées qu'échangeaient les cimes jumelles des deux sapins, une impulsion étrangère à celle des brusques bourrasques d'octobre... Et dans la lucarne carrée, au-dessous de la poulie à fourrage, n'eût-elle pas aperçu, en clignant les yeux, ces deux taches pâles dans le foin : le visage d'un jeune garçon et son livre ? Mais elle avait renoncé à nous découvrir, et désespéré, de nous atteindre. Notre turbulence étrange ne s'accompagnait d'aucun cri. Je ne crois pas qu'on ait vu enfants plus remuants et plus silencieux. C'est maintenant que je m'en étonne. Personne n'avait requis de nous ce mutisme allègre, ni cette sociabilité limitée. Celui de mes frères qui avait dix-neuf ans et construisait des appareils d'hydrothérapie en boudins de toile, fil de fer et chalumeaux de verre n'empêchait pas le cadet, à quatorze ans, de démonter une montre, ni de réduire au piano, sans faute, une mélodie, un morceau symphonique entendu au chef-lieu ; ni même de prendre un plaisir impénétrable à émailler le jardin de petites pierres tombales découpées dans du carton, chacune portant, sous sa croix, les noms, l'épitaphe et la généalogie d'un défunt supposé... Ma sœur aux trop longs cheveux pouvait lire sans fin ni repos : les deux garçons passaient, frôlant comme sans la voir cette jeune fille assise, enchantée, absente, et ne la troublaient pas. J'avais, petite, le loisir de suivre, en courant presque, le grand pas des garçons, lancés dans les bois à la poursuite du Grand Sylvain, du Flambé, du Mars farouche, ou chassant la couleuvre, ou bottelant la haute digitale de juillet au fond des bois clairsemés, rougis de flaques de bruyères... Mais je suivais silencieuse, et je glanais la mûre, la merise, ou la fleur, je battais les taillis et les prés gorgés d'eau en chien indépendant qui ne rend pas de comptes...
Colette, La Maison de Claudine, 1922
D'autres photos ? ...Cliquer sur le titre actif ;-)
Ici : Le blog à Luc ; la boîte d'allumettes
et à tous les paradis perdus...
En souvenir aussi de Lili des Bellons, de ses collines sèches
des enfants aventuriers de toutes les garrigues...
A Colette bien sûr que je vous livre ici sans avoir réussi à tronquer ce texte magnifique : Bonne lecture !
« Les enfants ! Où sont les enfants ? » Où ? Nulle part. L'appel traversait le jardin, heurtait le grand mur de la remise à foin, et revenait, en écho très faible et comme épuisé : « Hou... enfants... » Nulle part. Ma mère renversait la tête vers les nuées, comme si elle eût attendu qu'un vol d'enfants ailés s'abattît. Au bout d'un moment, elle jetait le même cri, puis se lassait d'interroger le ciel, cassait de l'ongle le grelot sec d'un pavot, grattait un rosier emperlé de pucerons verts, cachait dans sa poche les premières noix, hochait le front en songeant aux enfants disparus, et rentrait. Cependant au-dessus d'elle, parmi le feuillage du noyer, brillait le visage triangulaire et penché d'un enfant allongé, comme un matou, sur une grosse branche, et qui se taisait. Une mère moins myope eût deviné, dans les révérences précipitées qu'échangeaient les cimes jumelles des deux sapins, une impulsion étrangère à celle des brusques bourrasques d'octobre... Et dans la lucarne carrée, au-dessous de la poulie à fourrage, n'eût-elle pas aperçu, en clignant les yeux, ces deux taches pâles dans le foin : le visage d'un jeune garçon et son livre ? Mais elle avait renoncé à nous découvrir, et désespéré, de nous atteindre. Notre turbulence étrange ne s'accompagnait d'aucun cri. Je ne crois pas qu'on ait vu enfants plus remuants et plus silencieux. C'est maintenant que je m'en étonne. Personne n'avait requis de nous ce mutisme allègre, ni cette sociabilité limitée. Celui de mes frères qui avait dix-neuf ans et construisait des appareils d'hydrothérapie en boudins de toile, fil de fer et chalumeaux de verre n'empêchait pas le cadet, à quatorze ans, de démonter une montre, ni de réduire au piano, sans faute, une mélodie, un morceau symphonique entendu au chef-lieu ; ni même de prendre un plaisir impénétrable à émailler le jardin de petites pierres tombales découpées dans du carton, chacune portant, sous sa croix, les noms, l'épitaphe et la généalogie d'un défunt supposé... Ma sœur aux trop longs cheveux pouvait lire sans fin ni repos : les deux garçons passaient, frôlant comme sans la voir cette jeune fille assise, enchantée, absente, et ne la troublaient pas. J'avais, petite, le loisir de suivre, en courant presque, le grand pas des garçons, lancés dans les bois à la poursuite du Grand Sylvain, du Flambé, du Mars farouche, ou chassant la couleuvre, ou bottelant la haute digitale de juillet au fond des bois clairsemés, rougis de flaques de bruyères... Mais je suivais silencieuse, et je glanais la mûre, la merise, ou la fleur, je battais les taillis et les prés gorgés d'eau en chien indépendant qui ne rend pas de comptes...
Colette, La Maison de Claudine, 1922
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samedi 27 novembre 2010
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